Denis Pennel est président de l'association Information Presse & Communication et responsable de l'information de Manpower. Ces deux activités lui permettent d'aborder avec nous la situation des relations presse aujourd'hui. Entretien.
Denis Pennel, pouvez-vous nous présenter Information Presse & Communication ? Quels sont les objectifs de l'association ?
Information Presse & Communication, créée en 1957, est la plus grande association professionnelle de la communication. Son originalité réside dans la représentation d'une grande diversité de métiers : salariés, attachés de presse, agences de relations presse, travailleurs indépendants,... Nous avons trois objectifs : être un lieu d'échange et de partage pour nos adhérents, faire en sorte qu'ils puissent monter en compétence (par le biais de formations, d'ateliers pédagogiques, de rencontres médias...) et participer à une meilleure connaissance des métiers de la communication.
A côté de votre mandat de président d'Information Presse & Communication, vous êtes responsable de l'information de Manpower. Ces deux activités sont-elles complémentaires ?
Les deux sont complémentaires bien sûr, et enrichissantes l'une envers l'autre. Ce que je fais à Manpower peut être mis à profit pour les adhérents de Information Presse & Communication. Et inversement, mes activités au sein de l'association m'ouvrent des portes, et me permettent de rencontrer beaucoup de gens. C'est du gagnant-gagnant.
Quelle est la situation du marché des relations presse aujourd'hui ?
D'un point de vue conjoncturel, je dirais qu'on souffre d'un ralentissement économique. Mais d'un point de vue structurel, je pense que les relations presse vont se développer dans la communication d'entreprise, et ce pour deux raisons. D'une part, la publicité souffre pour le moment d'un manque d'efficacité et a de plus en plus de mal à se distinguer (conséquence directe de l'augmentation du nombre de chaînes de télévision et du zapping, entre autres). Cette saturation permet aux relations presse de se développer. D'autre part, on se rend compte qu'à travers les crises auxquelles sont confrontées les entreprises, les relations presse sont le meilleur moyen aujourd'hui de répondre aux critiques.
Comment évolue le métier d'attaché de presse ?
C'est un domaine qui se professionnalise. Il y a de vraies formations qui se créent aujourd'hui. De plus, le métier a vu arriver des prestataires qui ont pris en charge tout le côté administratif du métier. Au bénéfice des attachés de presse, qui peuvent se concentrer exclusivement sur leur profession.
Que pensez-vous de la rémunération au résultat ? Est-ce que vous la tolérez ?
Non, nous sommes contre. Cela va à l'encontre de la déontologie de la profession. Mais c'est aussi un non-sens économique car très peu d'agences, finalement, proposent des études très fines sur leurs résultats, avec des méthodes fiables et scientifiques. Je pense que toutes les agences devraient le faire et c'est un des grands enjeux de la communication : mettre en place des outils de mesure de performance. Mais ce regard sur l'efficacité de leur travail bloque les agences.
Par le biais de rencontres médias que vous organisez au sein de l'association, vous réunissez journalistes et professionnels des relations presse. Ce sont pourtant deux professions qui s'opposent souvent...
Journalistes et attachés de presse ont intérêt à mieux se comprendre, plutôt que de s'ignorer. Les deux métiers sont différents, mais les règles de base sont les mêmes : l'urgence, la réactivité, la déontologie ... Nous avons tout intérêt à ce que les journalistes continuent à recouper l'information, la vérifier. Car si les médias perdent leur crédibilité, notre métier n'a plus de raison d'être. Nous sommes solidaires les uns des autres, et notre métier ne sera efficace que si nous avons des journalistes qui ont les moyens de bien faire leur métier.
Information Presse & Communication :
http://www.infopressecom.org/
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